Le soir de mon arrivée était déjà l’occasion de faire un peu de repérage mais c’est le lendemain, jeudi 1er mai, que j’ai effectué ma première grande exploration sous une météo très mitigée. Comme c’était la journée de la procession du Saint Sang, il y avait pas mal de monde dont un bon paquet de grenouilles de bénitier venues de toutes la Flandres Occidentales puisque que la procession du Saint Sang est un évènement très religieux. En effet le Saint Sang est en réalité une relique, un peu de sang du Christ dans un flacon en cristal de roche, qui aurait atterri à Bruges suite au sac de Constantinople lors de la deuxième croisade. La procession en soi trouve ses origines au 13ème siècle, ce qui est assez impressionnant. Evidemment ce n’est pas ma tasse de thé mais occasionnellement ça reste rigolo. Aussi je me suis glissé dans la foule sur le parcourt de la procession et j’ai commencé à mitrailler, comme tout le monde d’ailleurs, la procession et son paquet de figurants sensé représenter la chrétienté à travers les ages.
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Mais ce qui m’intéresse tout particulièrement c’est le coté identitaire de ce genre d’évènement. Je ne sais pas à quel point la procession est importante pour les Brugeois d’aujourd’hui mais je sais que le Bruxellois que je suis éprouve un manque de ce coté. J’ai toujours été un peu jaloux des villes qui vivent au rythme d’un évènement populaire très important comme les fêtes de Pampelune ou la Ducasse de Mons.
Il est de notoriété publique que l’Ommegang de Bruxelles est un évènement barbant pas vraiment populaire et même plutot destiné aux nobliaux pas spécialement Bruxellois. A contrario du Meyboom qui a lieu tous les ans au mois d’aout. Pourquoi, après pas loin de 40 ans d’existence, je n’ai jamais assisté ni à l’un ni à l’autre ? Mes parents ayant fuis les campagnes après la 2ème guerre mondiale, je comprend bien qu’aucune tradition Bruxelloise ne m’a été transmise mais même autour de moi ces événements sont complètement ignorés. Et ce n’est pas la très artificielle zinneke parade qui va combler ce vide.
Le lendemain, vendredi 2 mai, il était temps de remonter sur mon vélo mais comme la météo s’annonçait encore incertaine je me suis contenter de rouler dans les environs de Bruges entre les beaux quartiers et les polders, reportant ainsi au samedi ma grosse randonnée en hollande. C’est encore une fois grâce au fietsnetwerks que j’ai pu planifier tout ça car le même système s’étand aux Pays-Bas. Il est même possible de recevoir au bureau du tourisme des petits papiers qui s’attachent aux guidons de vélos pour y noter les numéros d’intersection par lesquels on désire passer. Bon, d’expérience, il est toujours préférable d’avoir une carte en réserve en cas de paumage total. Ainsi ma randonnée du samedi m’a emmené jusqu’à la petite ville de Bresken sur la rive sud de l’embouchure de l’escaut en passant dabord Damme et Sluis. A Bresken, il est possible de prendre un traversier pour atteindre l’autre rive et s’enfoncer d’avantage dans les Pays-Bas. Détail amusant le traversier est totalement intégré dans le système de piste cyclable. C’est sur le chemin du retour que j’ai pris un pied incroyable sur un chemin le long de la mer sur les dunes en direction de Knokke. Je recommande chaudement ce trajet.

Dimanche, le jour de mon départ, j’ai encore fait une belle balade à pied en m’éloignant un petit peu du centre historique et j’ai été témoin d’un émbouteillage fluviale. Sur les précédentes photos, vous avez certainement remarqué la valse des petits bateaux bourrés de touristes mais il faut savoir que la navigation privée n’est pas autorisée sur les canaux du centre historique. Or il est bel et bien possible de se rendre à Bruges en bateau mais pour cela il faut atteindre un petit canal qui fait office de marina pour amarrer son bateau. Et pour atteindre ce canal il faut lever un certains nombre de ponts situé le long de l’axe périphérique de la ville. Résultat pour ne pas devoir lever les ponts à chaque fois qu’un bateau se pointe, tout se fait en une fois en coinçant la circulation pendant un bon moment.

Ces petites vacances m’ont bien plu mais je dois bien avouer que les polders et la campagne flamande avec ses odeurs je commence à connaitre, j’hésite donc à réitérer la formule.